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11 mars 2012

ACTA m'empêche t-il de pirater des fichiers ?


NON: ACTA n'a pas été ratifié en Europe. Le Parlement Européen s'est prononcé contre, grâce à la mobilisation de la société civile européenne et les milliers de manifestations qui ont essaimé et essaiment encore toute l'Europe. Bien evidemment, la Commission Européenne, sous la pression des lobbys pharmaceutiques, de l'industrie musicale et cinématographique ou encore des semenciers, remue ciel et terre pour parvenir à faire ratifier un traité sur lequel l'Europe se divise. Sur 27 états, 10 y sont opposés. Si certains ont décidés de ne pas signer le traité, à l'image de l'Allemagne, de Chypre, de l'Estonie et des Pays-Bas, d'autres ont récemment gelé la ratification qu'ils avaient d'ors et déjà programmée. C'est le cas de La Pologne, la République Tchèque, la Roumanie, la Slovaquie, la Lettonie... et maintenant la Bulgarie. Au niveau européen, la décision revient, en dernier ressort, au Parlement qui sera consulté après le rendu et la discussion des bilans de 4 commissions (libertés publiques (LIBE), industrie (ITRE), développement (DEVE) et affaires juridiques (JURI)) et le passage de la commission commerce international (INTA).



La fermeture de Megaupload est certes très médiatique, il n'empêche que de très nombreux sites de Direct download sont apparus depuis la fermeture de Megaupload et la mort cérébrale de Fileserve et compagnie (ces hébergeurs ont retiré l'intégralité des contenus pirates qu'ils proposaient). Ces sites ont tous en commun de proposer des serveurs sur lesquels sont hébergés par les internautes des fichiers (documents, films, musique, etc) directement accessible par quiconque avec une simple connexion à ce serveur. Cette méthode directe de téléchargement offre en outre l'avantage d'être très rapide puisque sans abonnement, les débit oscillent entre 80ko/s et 700/800ko/s selon les sites, et passent à plusieurs méga pour les utilisateurs abonnés.

En France, la Hadopi2 porte uniquement sur le pear-to-pear, qui est une autre méthode de partage. Elle consiste à rassembler des utilisateurs qui s'envoient des fichiers entre eux. De fait, cette méthode est bien moins rapide que le Direct download. Elle est très tributaire du débit de la connexion internet des participants et du nombre de personnes proposant le même fichier. Et pour cause, le pear-to-pear n'a de pertinence qu'à partir du moment où un grand nombre d'utilisateurs possèdent déjà le fichier, puisque celui-ci peut alors être téléchargé très rapidement, par morceaux. Quoiqu'il en soit, il ne fait nulle doute qu'il ne s'agit là que d'un retard du législateur sur les pratiques numériques, que les lobbys n'ont pas manqué de faire sentir à Nicolas Sarkozy, qui promettait en novembre 2011 d'inclure le direct download au sein du projet de loi Hadopi 3. Chose qui ne pourra être faite sans la réélection de l'actuel chef de l'Etat.

 La méthode du direct download, utilisée par les sites comme Megaupload, ou plus récemment Uptobox.com, bénéficie d'un vide juridique. Ce vide traduit un retard du législateur sur la société et les pratiques numériques des internautes. Quand on voit la moyenne d'âge de nos députés (55ans), on ne s'étonne guère de cette faille, qui tu as raison serait comblée par ACTA qui vise, plus qu'une méthode de partage, une action: la mise à disposition de contenus. Dans le cas de Megaupload, la ratification d'ACTA par la communauté internationale devrait permettre de faire fermer les serveurs sur décision d'une autorité mondiale. Dans les faits, cela développerait l'économie de pays peu scrupuleux qui n'auraient pas ratifier le traité et qui hébergeraient ces serveurs, sans toutefois faire cesser la totalité des échanges.

Aux Etats-Unis, la fermeture de Megaupload et de 18 autres plateformes de direct download le 20 janvier dernier a été ordonné par la Justice  et opéré par le FBI. Bien que basée sur des règles de lois incontestables, c'est une décision très politique, qui intervient au moment où s'ouvre les débats sur les projets de lois nationaux SOPA (Stop Online Piracy Act) et PIPA (Protect IP Act), en "responsabilisant" les fournisseurs d'accès à internet et les sites tiers, à savoir les forums qui répertorient justement les liens directs des fichiers hébergés sur les serveurs des sites de téléchargement direct.

21 décembre 2009

Internet ou le renouveau de la démocratie d'opinion



1) Un média démocratisé


     Ça n'est plus un mystère, la Toile est résolument devenu le plus grand réseau d'information planétaire. 
     A l'expansion tentaculaire du réseau physique qui s'est développé dans tout les pays développés depuis le début des années 90 à une vitesse effrénée, passant successivement des lignes de cuivres traditionnelles aux lignes ADSL et aujourd'hui à la fibre optique, s'est ajouté une démocratisation de son accès qui a fait exploser le taux d'équipement des ménages en ordinateur et leur raccord au Web (de 4% en 1998 à 67% cette année).
Une étude publiée le mois dernier par le CREDOC (Centre de Recherche pour l'Etude et l'Observation des Conditions de vie) met en lumière une progression de ces variables qui semblent s'accélérer par rapport au début des années 2000 (CF Tableau ci-dessous), et une percée en termes de convergence numérique avec la banalisation de l'Internet Mobile, vraisemblablement due à la prolifération des offres de connexions 3G illimitées.
     Aujourd'hui, il ne fait nul doute que l'avenir de notre économie passe par le média global que représente Internet, et comme le montre le graphique ci-dessous, on peut se réjouir de la performance française qui se situait déjà dans la fourchette haute de l'Union Européenne en 2008. En outre, celle-ci se distingue des autres pays européens et des Etats-Unis par une meilleure pénétration de l'accès Haut-débit (ADSL ou Cable), qui permet un usage confortable du Web 2.0 actuel et des sites de vidéos en streaming, etc.


     Cette révolution technologique, bien engagée en Europe Occidentale, est cependant à l'origine d'une fracture numérique ("Digital Divide", selon le terme américain apparu à la fin des années 90) qui laisse sur la touche les pays sous-équipés en infrastructures de télécommunications.
Malgré ces disparités incontestables, certains pays défavorisés ont su faire du Web une arme & un fondement de leur système politique, à l'image de l'Estonie qui dès sa sortie du giron Moscovite, en 1991, a fait de sa pleine intégration au réseau un tremplin vers la démocratie et l'accès à l'Union Européenne, comme l'évoquait La Croix en mai 2009. Aujourd'hui, l'ex-république soviétique talonne ainsi l'Autriche et l'Allemagne dans la course à l'accès à Internet des populations européennes.


2) Et fondamentalement Démocratique

     Ce constat étant fait, il convient dès lors d'analyser les évolutions intrinsèques à la démocratisation de l'accès au réseau.
     Et à ce stade, je dois dire que je suis toujours agréablement surpris de constater que l'usage d'internet peut réellement répondre à un besoin d'expression citoyenne. J'emploie ces termes, "expression citoyenne", en un sens très large qui va du partage de ses opinions à travers les débats impromptus lancés sur les sites de grands médias (commentaires sur les articles, forums d'émissions télévisées, etc) ou plus conventionnels au simple relaiement d'une information, à la manière de ce que je fais tout les jours en inondant Facebook, et jusqu'à la création de contenus (Vidéos, photos, textes, etc) mis en ligne.

     Car en effet, si les médias sont bien souvent qualifiés d'être le 4e Pouvoir dans une démocratie (après la l'Exécutif, le Législatif et la Justice), ils apparaissent rarement (à l'instar des pouvoir institutionnels -et notamment la Justice- ) totalement impartiaux, totalement libres et indépendants.
Ce manque d'indépendance constitue d'ailleurs le plus gros reproche fait aux grands médias traditionnels, particulièrement télévisés mais également radiodiffusés et imprimés: les collusions d'intérêts politiques, économiques, publicitaires, ont depuis longtemps émaillés l'image d'impartialité des plus grands relais d'information. Ça n'est pas pour rien que la France arrive en 43e position sur 175 dans le classement de Reportes Sans Frontières pour la Liberté de la Presse de 2009, quand bien même les 13 premières positions sont occupées par d'autres pays du vieux continent, dont l'Estonie à la 6e place.
Dans ce contexte, l'expansion sempiternel d'Internet à tout les niveaux de notre vie quotidienne semble s'être révélé comme une réelle bouffée d'air frais pour l'information et, donc, la démocratie d'opinion, et ce malgré un contrôle accru du réseau, qui passe notamment en France par le vote de la loi Hadopi qui, protégeant les artistes, supprime des droits aux internautes...



En effet, et gardant à l'esprit que le phénomène que je décris implique une utilisation intelligente et raisonnée de l'outil Internet, celui-ci a permis de mettre à la portée du plus grand nombre une mine d'informations, de points de vue sans cesse actualisés, inaltérables, inaliénables et infinis.
De là, pour les utilisateurs avertis, des possibilités inouïes et jamais connues auparavant de s'informer, de débattre, de se faire une idée, une opinion en croisant les informations, en recoupant les points de vue.

Internet, en moins de 20 ans, a révolutionné notre manière de nous inscrire dans la Marche du Monde qui nous entoure. Internet nous invite à prendre part à ce monde en nous offrant tout de lui, à portée de clics.
Plus de limites: temporelles, géographiques, économiques; Internet est devenu le media du milieu, renouant de fait avec son étymologie.

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3) Twitter: exemple d'un média citoyen

     De toutes les innovations portées par ce nouveau support d'informations, le "journalisme citoyen' est incontestablement une avancée dont on ne peut que se réjouir, celui-ci étant un gage de réactivité de l'information en même temps que d'impartialité (a priori), en témoignent ces captures d'écrans (ci-dessous) du site de micro-blogging Twitter sur lequel les internautes, aujourd'hui même, annonçaient les incidents survenus sur le réseau d'EDF bien avant que les grands sites d'informations l'annonce (30 à 40 minutes plus tard pour les plus réactifs (Romandie.com)).
Bien entendu, avec Internet comme avec tout media (intermédiaire en latin), quelle qu'il soit, la distance critique et l'activité cérébrale restent des armes dont on ne peut se passer, au risque de se leurrer...





Aller plus loin:

# Internet, nouvel espace démocratique? - Laviedesidées
# "Jeunes Off": une nouvelle fracture numérique chez les jeunes?... - Profencampagne
# L'invention de la démocratie dans le monde - Jean François Bayart
# Valérie Pécresse et Anne Hidalgo se chamaillent sur Twitter - Le Point

3 décembre 2009

Google is shooting you

Google Street View



Google, via son service Street View, disponible depuis Google Maps (Cliquez sur le petit bonhomme doré situé au dessus de la réglette (-/+) de gauche) a récemment mit à jour sa base de données photographiques à partir de photos prises en fin d'année dernière, comme nous en parlait il y a un an Avignews.



Ce système permet de visiter de très nombreuses villes (la preuve, Avignon y est...et même Pujaut !) en s'y baladant comme si on était un piéton (ou, pour être tout à fait exact, un automobiliste en vue piéton, comme dans GTA quoi). La base de données, composées de photographies à 360° prises à 5/10m d'intervalle par des voitures équipées, recompose sans mal et avec une belle finesse (qui permet même de zoomer sur les clichés pris) nos moindres trajets citadins grâce également à des tricycles qui sillonnent les plus petites rues, comme le relate en première page le site de la mairie Roig, de même qu'Avignews.


CLIQUEZ SUR LES CAPTURES POUR LES AGRANDIR

Clara, Ben, Astrid, Marina, Lucie, Baptiste, Lily et le Dax de Miny, devant Aubanel (Octobre 2008)


Guy Fraicher faisant la cour, Bar/tabac des Carmes (Début 2008)


Léa L., François M., Léa S.(?), Adrien, Marc, David et moi (Début 2008)

Les divers clichés ont en effet étaient pris en 2 temps (Avignews relatant la 2nd session). On notera que Google qui dans un premier temps avait essuyé de nombreuses plaintes aux Etats-Unis, a prit le contre-pied de ces critiques et s'attache désormais à respecter tant qu'il se peut le droit à l'image...et au respect de la vie privée puisqu'on constate le floutage systématique (ou presque) de tout les visages et de toutes les plaques d'immatriculation.

Pourtant, le nombre de ses détracteurs semble calé sur la courbe exponentielle d'un succès et d'une expansion géographique imperturbable. Dernièrement, le service d'imagerie/cartographie a occasionné la montée au créneau d'un député contre le géant de la Silicon Valley. Comme l'évoquait Le Monde du 2 décembre dernier, Jean-Christophe Lagarde (député de Seine-Saint-Denis) a en effet déposé une proposition de loi visant à interdire la reproduction de l'image d'un bien mobilier sans l'accord signé de son/ses propriétaires. Autant dire que le service dispensé par Google aurait bien du mal à subsister avec une telle législation...

Chronique tarabiscotée d'un citoyen en devenir (Pensez à nourrir les poissons)