29 septembre 2009

Nicolas Sarkozy à Avignon: "J'ai été élu sur la revalorisation du travail et sur la justice" (moi qui avait cru comprendre "pouvoir d'achat" et "insécurité", je suis bien mal embouché)

Tandis que septembre touche à sa fin, le marathon médiatique présidentiel a reprit de plus belle.



# Nicolas Sarkozy au chevet des jeunes touchés par la Crise - Le Monde


   Aujourd'hui, dans vos JT, c'est du chômage des jeunes que vous devriez entendre parler: alors que l'Insee -dont les estimations sont bien en deça du chômage réel- annonçait en août une hausse de 0.9% du nombre de chômeurs par rapport à juillet, lequel s'établissait alors à 9.1% de la population active, on constate toujours une prépondérance du chômage des jeunes (15/24 ans) qui concernait 21.4% d'entre eux fin 2008, contre seulement 6% en 1975 pour les 15/29 ans.
   Maintes fois placé en tête des priorités de l'action politique de nos gouvernements, le chômage des jeunes n'a cependant pas faiblit, oscillant au rythme d'une croissance saccadée et de politiques conjoncturelles plus ou moins efficaces.


  Le Président Sarkozy devrait ainsi annoncer des mesures destinées à conjurer cette plaie sociale. Étonnamment, en grand libéral, c'est du côté de l'assistance que le Président devrait agir en étendant le Revenu de Solidarité Active au moins de 25 ans (restriction d'âge héritée du Revenu Minimum d'Insertion, remplacé depuis le 1er juin par le RSA) ayant travailler 24 mois dans les 36 derniers, ce qui n'est pas chose facile, même en période de croissance...avec tout de même des mesures concernant la formation et l'accompagnement vers l'emploi des 16/18ans.
   Ceci étant, on peut s'inquiéter de l'absence de toute recherche d'adéquation entre formation et emploi. En effet, avec l'allongement continu des parcours scolaires qu'a connu la France depuis les années 60/70 -qui a débouché sur une hausse des qualifications- et le déficit chronique d'emplois qualifiés le déclassement des jeunes diplômés, relégués à des fonctions bien en deça de leur qualification, est devenu monnaie courante, et rimera demain, avec cette extension du RSA, monnaie étatique.
   Et comme je suis un sale gauchistes, je ne peux pas m'empêcher par ailleurs de condamner le nivellement par le bas à l'oeuvre dans tout le système éducatif français qui n'a pour seule finalité d'accoucher d'une classe de petits salariés bien dociles, quand un politique industrielle cohérente, qui génèrerait des emplois à haute valeur ajoutée, sortirait nos déclassés de leur misère et agirait comme un leitmotiv pour les autres.  

 [Suite]

Annonces du Président:  
  1.  Lycée: N. Sarkozy met en avant son souhait, avec la réforme du lycée, de permettre aux élèves -notamment par la semestrialisation- de pouvoir changer d'orientation plus facilement, de pouvoir "se tromper et revenir en arrière".  Et celui-ci de colporter -avec le talent qu'on reconnait aux parents d'élèves soucieux de la rentabilité des études de leurs enfants - l'idée d'une filière "d'excellence', la filière scientifique, en faisant fi des médiocres filières ES et L, qu'il faudrait ramener à un niveau de décence intellectuel plus soutenable. Je me demande si notre président a un jour compris ce qu'il foutait au lycée, à faire un BAC B (ES) entouré de prof d'éco forcément gauchistes. Le savoir qu'on m'y a enseigné m'a semblé le plus beau cadeau de ma vie, bizarrement, est-ce à dire que je suis un con?
  2. Formation professionnelle: Déplorant les 100 000 "décrocheurs" de 16 ans & plus qui quittent chaque année le système scolaire, notre président préconise la mise en place d'un service public de la formation des mineurs grâce à des référents postés dans chaque école. Seront-ils accompagnés d'un pandore référent?
  3. Université: Mes amis, tremblez. Sa majesté demande l'obligation d'assiduité. Comme ça, vous resterez des grands enfants jusqu'à très tard...à moins que vous vous fassiez radier de votre FAC, ce qui vous donnera droit au RSA...fin, si vous arrivez à aligner les p'tits boulots pendant suffisamment longtemps...le salue viendra après 2 ans chez McDo.

Voilà pour le fond, certes imparfait mais défendable, si l'on est pas trop ascétique.



La forme, malheureusement, m'a beaucoup plus atterré. 
   Prenez une salle des fêtes. Mettons, 500 places. Invitez une horde de jeunes en formation professionnelle (des mécanos, des serveurs, des chômeurs). Fouillez les bien, au cas ou, on sait jamais, principe de la présomption de culpabilité., et puis prenez leurs sacs, tant qu'à faire.
Oui, j'en fais trop, je sais, ça va.

   Bref, là dessus ajoutez -en ayant la main lourde, hein- une meute de personnalités politiques locales et nationales (Woerth, Hirsh, Pécresse, Roubaud, Roig et touticuanti).
   Suite à quoi, veillez bien à mettre des gorilles DE PARTOUT: au dessus, en dessous, au milieu, DE-PAR-TOUT, des fois que.
Vous êtes à présent à un meeting de l'UMP une allocution du Président de la République.
   Parlons-en d'ailleurs, puisqu'il n'est pas superflu de dire un mot sur l'épiphénomène en personne: petit, pas tant qu'on voudrait le croire. 
Mais: penaud, disgracieux, fatigué. L'occupation de l'espace médiatique hexagonal n'a pas l'air de tout repos ! En guise de fond sonore, écoutez le volubile déblatérer...et comptez les "je".
Là, vous mesurez à l'oreille ce qui différencie désormais un beauf moyen du Président de TOUT les français: pas grand chose. Aucun charisme, et même les gens de droite le reconnaisse; aucune emphase, et même Pécresse s'ennuie; aucune vision, et seul Bernard Henri Levy ose applaudir.

Et vous en venez à regretter un Chirac, voire un De Villepin.


# Sarkozy à Avignon: l'info côté coulisse - Avignews




1 commentaire:

Blandine Deverlanges a dit…

Je te croyais plus attaché au fond qu'à la forme... mais au moins tu m'auras servi d'yeux et d'oreilles, je n'ai (malheureusement) pas pu assister à ce merveilleux moment de communication.
Très joli blog!

Chronique tarabiscotée d'un citoyen en devenir (Pensez à nourrir les poissons)